Historique de la commune

Autrefois VIELS-MAISONS se disait VIEUX-MAISONS. Il a également porté, entre autres, le nom de VIEZ-MESON au 12ème siècle, et VIEZ (ou VIAS) MAIFONS ou VIELX-MAIFONS et encore VIEZ-MAISONS LE VIDAME au 14ème siècle nom du Seigneur des lieux.

Au 14ème siècle, le Seigneur de Viels-Maisons, Jean de Châtillon, était surnommé le Vidame, titre du représentant temporel de l’autorité ecclésiastique. On peut descendre la généalogie de cette famille depuis 1300 jusqu’à la Révolution.

Au 16ème siècle, au milieu du bourg, une branche de la famille de Châtillon fit construire un château : une large tour carrée à deux étages, flanquée d’une tour octogonale plus élancée et de deux ailes plus basses, le tout entouré de douves et d’un mur fortifié.

Entre 1667 et 1769, (pendant les règnes de Louis XIV, du Régent et de Louis XV), à partir d’archives de l’église, les évènements enregistrés évoquent la vie du village.

En 1685, les particuliers qui passaient par le bourg devaient payer des droits de « péage routier » au « Vidame de VIEUXMAISONS ».

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1771 : Le Seigneur Philippe JACQUIER, (Chevalier Conseiller du Roi en la grande chambre de la Cour au Parlement de Paris) est le propriétaire du vieux château descendant des CHATILLON. Il fit construire une halle. A son extrémité, se trouvait une chambre où je juge de paix tenait audience aussi longtemps que Viels-Maisons fut chef-lieu de canton. Deux foires par an animaient le bourg : le 11 juin, jour de Saint Barnabé et le 29 septembre, jour de Saint Michel et un marché hebdomadaire le jeudi.

1791 (21 février) : Philippe JACQUIER meurt sans enfant. Ses descendants décident d’émigrer pour attendre des jours meilleurs. L’un d’eux, César Louis de Sainte Marie, son exécuteur testamentaire décida de rester en France. Il meurt guillotiné à Paris. Le château fut mis sous séquestre (fermé), portes scellées. Il s’élevait sur la butte en face de la grille du château actuel (classé Monument Historique). A l’époque, il était prolongé jusqu’à la route par une allée d’ormes qui passait à droite de la fontaine (lorsque que l’on tourne le dos à la grille du château et que l’on regarde la place).

Le bourg a été un important relais de poste. C’est pourquoi il a été l’un des relais envisagés dans la fuite de Louis XVI qui prévoyait de se rendre à Montmédy dans la Meuse le 21 juin 1791. La berline s’est arrêtée à Viels-Maisons vers dix heures du matin après être partie de Paris. Louis XVI fit changer les chevaux et resta avec la famille royale un bon moment sur la place, autour de la halle. Il fut reconnu par François Picart, postillon du relais de poste sans être dénoncé mais François Picart se rendit à Paris le lendemain pour attester du passage du roi.

1792 : Viels-Maisons dut planter, comme tous les villages, un arbre de la Liberté en grande pompe sur sa place et les habitants sont appelés « Citoyens ». Viels-Maisons comptait alors 630 habitants.

1793 : Une armée révolutionnaire reçut l’ordre de parcourir la France pour notamment faire disparaître tout ce qui portait une empreinte religieuse ou féodale. La Convention envoya alors en mission un certain Charles LEJEUNE. Il arriva à Château-Thierry le 10 août 1793. Ce fut alors la terreur dans toute la région: il faisait arrêter et enfermer à la Charité à tour de bras. Il ordonna le changement du nom de Château-Thierry par celui d’Egalité sur Marne. A Viels-Maisons, les décisions de dispersion et de destruction des biens de l’église ne semblent pas mises à exécution. Cependant un certain TIERCELIN, habitant « La Tuilerie » veut faire preuve de civisme révolutionnaire : il décida avec un ami de tirer avec un fusil dans la flèche en ardoise du clocher, haute alors de 90 pieds, puis à coups de pierres et de pioche, il arriva à la faire dégringoler ; le clocher perdit alors 30 pieds d’élévation.

1799 (9 et 10 novembre) : fin de la période révolutionnaire. Bonaparte au pouvoir accorde la liberté de célébrer la messe. 13 décembre : proclamation de la nouvelle Constitution et le 25 janvier 1800, dans toutes les municipalités, les habitants vont porter leur nom sur le registre d’acceptation de cette Constitution.

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1804 : L’ouverture de registres municipaux permet de retrouver des traces de la vie du village. Le 2 décembre, un Te Deum sera chanté à l’église en l’honneur du couronnement de Napoléon. Il est stipulé qu’une fête champêtre est organisée sur la place et se termine à neuf heures du soir.

C’est à cette époque que le Baron Jean-Charles de LADOUCETTE, nommé Préfet en 1802, achète la propriété de Viels-Maisons, fait de sa demeure le porche de l’ancien château fortifié et démoli (Le château abandonné pendant treize ans était très endommagé et les vendeurs ont dû enlever ce qui restait). Il y séjourna régulièrement et y finit ses jours en 1848.

C’était un porche à deux étages d’habitation et toit champenois sous lequel passaient les carrosses et les chevaux. Il s’ouvrait sur une cour fermée à l’est par des bâtiments flanqués de trois tours (il reste une tour et une demie), à l’ouest un pont donnait accès au vieux château entouré d’un jardin à la Française aux allées bien dessinées, coupées à angle droit et bordées de buis.

La route, qui traversait le village, longeait l’église, laissait les murs et le porche du vieux château sur sa droite, continuait par la cloutière (où étaient installés des fabricants de clous), rejoignait le chemin des Aulnois Midy derrière le parc et la route de Rebais à Fontenelle sur le plateau. La route actuelle a été tracée par Colbert (17ème siècle).

11 février 1814 : la bataille de Montmirail se déroula entre l’actuelle colonne napoléonienne commémorative à l’Est, le village de MARCHAIS au Sud, Franchène et Viels-Maisons à l’Ouest et Fontenelle-en-Brie au Nord.

A Viels-Maisons, on a réquisitionné 1500 bottes de foin, 400 bottes de paille à conduire aux magasins militaires de Chalons sur Marne. Les autres villages ont dû fournir du pain et des « voitures » pour conduire les blessés.

A la fin de l’Empire, la France est exsangue. Viels-Maisons a été le théâtre des allées et venues des troupes étrangères et françaises : les champs furent saccagés, les provisions et le bétail enlevés, les maisons souvent en ruine car pillées et/ou brûlées et les hommes ne sont pas tous revenus de la guerre.

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Juin 1820 : des ormes sont replantés rue de la Cloutière, quelques tilleuls le sont également sur la place. Le Ministère de l’Intérieur permet le rétablissement du marché. La Halle avait été rachetée le 18 Germinal par le Sieur DEMARLE, maître d’école qui s’était rendu acquéreur de la ferme des Herbins en 1782. Pendant tout le temps de la Révolution, elle fut transformée en écurie, laissée à l’abandon et à moitié détruite.

Février 1822 : L’Abbé AUBERT est nommé curé inamovible de Viels-Maisons. La commune doit donc lui construire un presbytère et choisit l’emplacement du cimetière, sans doute à l’emplacement de la poste actuelle.

6 octobre 1822 : On installe un bureau de poste avec facteurs, à la place du presbytère actuel.

1823 : Après diverses tractations entre la commune et DEMARLE, la Halle est reconstruite au milieu de la place. Des droits de place étaient encaissés.

1827 : Le village se reconstruit et l’on cherche à capter des sources. On construit sept lavoirs et la Fontaine Saint Martin. Le bassin de la fontaine publique avait été relevé en grès en 1826.

Comme il fallait reconstruire la France, la Restauration et le Gouvernement de Juillet s’occupèrent du monde agricole. On comprit qu’il fallait des bâtiments convenables, on sélectionna les races de cheptel et on supprima la jachère et l’assolement triennal. De nouvelles cultures sont introduites dans les grandes plaines de la Brie (colza et fèveroles notamment).

1er mai 1844 : Après le transfert de l’ancien cimetière supprimé en 1832, pose de la première pierre de la « maison commune » (mairie actuelle). L’horloge a fait l’objet d’une donation de Jean-Louis MARGUIENNE en1883.

Ensuite les guerres de 1870 – 1914 et 1939 n’ont pas épargné la région.

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